
Un oiseau, une rencontre unique,

une relation d'écoute et de respect mutuels ouvre
la voie à l'envol vers une confiance partagée.
La lecture attentive des expressions guide le passage
de l'éducation au jeu.
Plus les années passent, moins j'ai l'impression
de détenir des certitudes ; ce sont eux qui m'enseignent.
Le savoir-faire, devenu intuitif, fait naître une écoute entière et comportementale de l'oiseau.
Une fois l'hésitation surmontée, ils développent
leurs capacités et leur confiance, et volent
avec leur propre expression.
Animés d'un sens inné de l'équilibre, ils économisent leur énergie pour atteindre leur but avec brio :
capter les courants ascendants, surveiller leur territoire, réaliser de spectaculaires parades ou effectuer
de vertigineux piqués.
Des moments partagés et privilégiés, de discussions
au-delà des mots.
La symbiose naît de l'altérité de deux êtres :
voler et vivre au plus près de ces copains sauvages qui assurent leur survie quotidienne, par tous les temps.
Voler jusqu'à la tombée de la nuit, à la limite
de leur vision, sans distinguer où se poser.
Alors, le gant du fauconnier devient une invitation silencieuse au retour vers la fauconnerie.
Lorsque le compagnon de vol, par vent fort,
se pose sur la branche la plus proche ou sur l'épaule,
sans souhaiter repartir, il exprime clairement :
« Maintenant, ça suffit, on rentre ».
Par vents chauds, c'est la recherche commune
du meilleur angle d'envol pour se griser des courants.
Lors des averses, sous les branches les plus abritées,
la forêt devient un refuge.
Dans l'interaction subtile des moindres gestes,
des moindres regards et intentions, l'unité se tisse
si profondément que le rappel au gant devient secondaire, cette pensée même s'efface.
La récompense se transforme alors en dialogues
et félicitations partagés.
Il se pose sur « son gant » pour bien d'autres raisons encore…
Des partages et des attentions subtils, insoupçonnés !

CYRIL LESEUL
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